l’IA et les apprenants 

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Apprendre à utiliser l’intelligence artificielle sans perdre la nôtre 

L’intelligence artificielle est en train de transformer profondément notre manière d’apprendre, de travailler et de créer. Dans l’univers de l’éducation, la transmission et la formation, elle représente une opportunité exceptionnelle : accès rapide à l’information, accompagnement personnalisé, accélération de certaines tâches. 

Mais comme toute technologie puissante, elle comporte aussi des risques. Le véritable enjeu n’est donc pas d’interdire l’IA, mais d’apprendre à l’utiliser de manière consciente et responsable. 

Nous avons l’objectif de faire de l’IA un allié pédagogique auprès des apprenants que nous accompagnons chez Léclé, en les sensibilisant aux dérives possibles d’un usage trop important. 

Ce que l’IA ne pourra jamais remplacer : l’humain 

Avant de parler de technologie, il faut rappeler une évidence : l’IA peut traiter de l’information, mais elle ne possède ni intuition, ni expérience vécue, ni lien humain. 

Certaines qualités restent profondément humaines : 

  • Le vécu d’une expérience réelle, 
  • La capacité à coopérer et à créer du lien, 
  • La curiosité et la créativité, 
  • La diversité des points de vue et des parcours. 

Ces dimensions constituent le “socle humain”, c’est-à-dire ce que la machine ne pourra jamais nous prendre.  

Dans une formation professionnelle, ces compétences sont souvent plus importantes que la simple production de contenu. 

Le piège de l’efficacité : quand l’IA devient addictive 

L’un des dangers majeurs de l’IA est paradoxal : elle fonctionne trop bien…

Elle permet de produire très vite : un texte, une synthèse, une réponse, une idée. Cette rapidité crée une sensation immédiate d’efficacité — parfois comparable à un “shoot de dopamine” numérique. Le problème apparaît lorsque cette efficacité remplace l’apprentissage et lorsque les contenus n’ont plus rien d’authentique. 

On passe alors de “je comprends et je fais” à “la machine le fait pour moi”. 

À long terme, cela peut entraîner : 

  • Une perte d’esprit critique, 
  • Une baisse de l’estime de ses propres compétences, 
  • Une dépendance aux outils numériques, 
  • Une déshumanisation du travail. 

Le risque d’atrophie cognitive 

Les chercheurs parlent parfois d’un “effet GPS sur le cerveau”. 

Comme un GPS peut réduire notre capacité à nous orienter seuls, une utilisation passive de l’IA peut réduire notre capacité à réfléchir par nous-mêmes. 

Certaines observations indiquent par exemple que de nombreux utilisateurs deviennent incapables d’expliquer leur propre travail lorsqu’il est majoritairement généré par l’IA.  

Autrement dit, si l’on délègue trop la réflexion, on finit par perdre l’habitude de réfléchir.
Pour les apprenants, ce risque est particulièrement important. 

Le vrai choix : facilité ou apprentissage ? 

Face à l’IA, deux attitudes sont possibles.  

La première, celle de la facilité, demander simplement « Fais-le pour moi », rapide et efficace mais on apprend rien. À long terme, cela transforme l’utilisateur en simple opérateur dépendant de la machine. 

La deuxième, utiliser l’IA comme un tuteur. Cette approche est plus constructive. Elle consiste à utiliser l’outil comme un levier d’apprentissage : « Aide-moi à comprendre. » / « Trouve les failles dans mon raisonnement. »  

Dans ce cas, l’IA devient un allié qui stimule la réflexion et développe l’esprit critique.  

Former nos apprenants à un usage sain de l’IA 

Nous accompagnons l’usage de l’IA en posant des règles de base auprès des apprenants chez Léclé. Plusieurs règles simples peuvent aider à éviter les dérives. 

  1. Apprendre d’abord sans IA 

Avant d’utiliser l’IA pour produire, les apprenants doivent comprendre les concepts et les méthodes. L’IA intervient ensuite comme outil d’amélioration, pas comme substitut. 

  1. Demander l’explication, pas la réponse 

Encourager les prompts comme : « explique-moi »« guide-moi » ou « corrige mon raisonnement », plutôt que « écris-le à ma place ». 

  1. Maintenir des moments sans écran 

L’écriture à la main, la discussion collective et l’expérimentation réelle restent essentielles. Elles développent de nombreuses compétences que l’IA ne remplace pas. 

  1. Valoriser l’esprit critique 

Un bon apprenant à l’ère de l’IA doit toujours se demander : « est-ce fiable ? », « est-ce logique ? Il doit aussi vérifier certaines réponses en se basant sur une autre source d’information. L’IA peut générer une réponse crédible… mais pas forcément vraie. 

L’IA ne doit pas remplacer l’expérience que l’on fait dans le réel. 

L’IA est probablement l’un des outils les plus puissants jamais créés. 

Mais la question fondamentale reste : voulons-nous qu’elle pense à notre place, ou qu’elle nous aide à mieux penser ? 

Dans une société où l’automatisation progresse, la véritable valeur humaine sera de plus en plus importante face à notre capacité à comprendre, à créer, à imaginer et à fabriquer. 

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